20/02/2016

* LE CHARDONNERET

LE CHARDONNERET ELEGANT, notre ambassadeur

Appelé aussi el maknine, cet adorable passereau au plumage spectaculaire et multicolore a été élu Oiseau de l’année 2012.

Plus petit qu’un moineau domestique, le chardonneret est discret et méconnu. On connaît bien son chant, un gazouillis très musical, émis surtout pendant son vol ondulé. En revanche, on ne le voit que rarement et c’est bien dommage, car il affiche une robe chatoyante aux couleurs… du drapeau belge !

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Son plumage est une association raffinée de brun clair, de noir, de blanc, de jaune poussin et de rouge vif. Cette palette chromatique est particulièrement spectaculaire lorsque l’oiseau est en vol. Le mâle et la femelle sont parés de la même façon. Chez la femelle, les deux taches rouges, situées sur le front et sur la gorge, sont un peu moins étendues.

 

Ses habitudes alimentaires

Le chardonneret élégant a un grand bec, bien conçu pour ses besoins alimentaires. Fort, conique et pointu, celui-ci est parfaitement adapté pour ouvrir les coquilles des plantes et pêcher les graines. Il aime particulièrement celles du chardon et cette préférence est à l’origine de son nom français. Chaque jour, il parcourt de grandes distances pour se nourrir. Il se sustente en voletant d’une plante à l’autre et il n’est pas rare de le voir la tête en bas. Les repas se prennent souvent en bande, ce qui peut poser quelques problèmes. Le chardonneret est en effet un brin agressif et quand il se nourrit, surtout aux mangeoires, on peut entendre les cris rauques « krrr krrr » qu’il lance à ses compagnons. Maniaque et soucieux de sa toilette, il doit se baigner deux fois par jour, le matin et au crépuscule. C’est un gros dormeur, il a besoin de toute une nuit pour se reposer, blotti dans un buisson épais.

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La saison des amours

Elle a lieu au printemps. Les parades nuptiales commencent en mars et sont plutôt orageuses. Mâles entre eux, mais aussi mâles et femelles se disputent en vol, violemment, en émettant des cris de guerre gutturaux. Le mâle se place près de sa copine et n’arrête pas de lui tourner autour, en étirant ses ailes. Le but ? La séduire en lui faisant miroiter de beaux jeux de lumière avec ses barres jaune poussin. La femelle lui répond de la même façon. Une autre approche est possible. Le mâle peut offrir de la nourriture à l’élue de son cœur qui la réclame comme une jeune fille tremblante d’émotion. Le chardonneret élégant nidifie dans les buissons et les arbres, en choisissant les hauteurs ; entre deux et dix mètres au-dessus du sol et plutôt aux extrémités des branches.

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La femelle se charge de la construction du nid. C’est une véritable œuvre d’art, réunissant des matériaux de qualité : mousse, radicelles, herbes sèches, lichens, laine et duvet végétal. L’intérieur, très douillet, est tapissé avec de la laine, des poils et des plumes. La femelle y dépose cinq à six œufs bleuâtres tachetés, l’incubation dure entre douze et quatorze jours. Pendant cette période, le mâle prend ses responsabilités et nourrit bien la future mère. Une fois nés, les poussins sont enveloppés de duvet grisâtre, assez long et épais. Ils quittent le nid au bout de deux semaines environ, mais ont besoin de leurs parents pendant les premiers jours de leur indépendance.

 

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30/01/2016

* L'ALMADRABA

Le goût des Japonais pour le thon préserve une pêche traditionnelle espagnole : l’almadraba.

Sur les côtes espagnoles, près de Gibraltar, se pratique durant les mois de mai et juin une pêche au thon, spectaculaire et brutale : l’almadraba (madrague). Une méthode archaïque et peu rentable qui survit cependant grâce aux prix élevés consentis par les acheteurs japonais.

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Armés d’un crochet, les hommes vont affronter des monstres de 500 kilos

La technique de l’almadraba consiste à acculer les thons dans une poche de filets mobiles (copo), et à réduire progressivement celle-ci. Quand elle est suffisamment remontée, une dizaine d’hommes y descendent armés du gancho (crochet) qui leur sert à diriger les poissons vers le bord. Là, ils plantent dans la bête un second crochet, relié au treuil qui permet de la hisser à bord du bateau de sacada.

 

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Dès leur sortie de l’eau, les thons espagnols sont chargés sur des navires japonais

Du bateau de sacada, les thons sont chargés après chaque coup de filet sur l’embarcation qui fait la navette entre le lieu de pêche et l’un des trois navires frigorifiques japonais ancrés à l’entrée du port de Barbate. Cette opération a lieu une fois pas jour.

Après avoir été treuillées à bord, les bêtes sont pesées sous le contrôle d’un des responsables de l’almadraba. Les plus grosses prises, des thons de plus de dix  ans, peuvent dépasser 3 mètres de long et atteindre 700 kilos.

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Selon un ordre précis, les poissons sont dépecés puis congelés à bord

A peine déposés sur le pont des navires frigorifiques, les thons sont pris en main par une quinzaine de spécialistes. Au cours d’un véritable travail à la chaîne, exécuté avec une immuable précision de gestes. Les dépeceurs commencent par couper les têtes, puis ouvrent les abdomens pour en retirer les entrailles, avant de prélever les filets qui sont emportés par tapis roulants jusqu’aux chambres froides où ils sont congelés à moins 60°C.

 

Au marché central de Tokyo, les thons rouges sont les plus recherchés

Les Japonais, qui représentent environ 2% de la population de la planète, consomment 15% du poisson mondial, mais 90% du thon rouge. Ceux pêchés au large de Gibraltar et en Méditerranée, les plus prisés, comme ceux qui ont été capturés au large de la côte est des Etats-Unis finissent leur périple au marché central de Tsujiki à Tokyo, où ils attendent, impeccablement alignés, les acheteurs.

 

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Une pêche à la croisée de la Méditerranée et de l’Atlantique

Les quatre almadrabas espagnoles s’échelonnent du cap Trafalgar à Tarifa. Elles fonctionnent non seulement au moment du frai, quand les thons de l’Atlantique gagnent la Méditerranée en longeant la côte, mais aussi lors de leur retour.

 

 

 

28/12/2015

* LE BLAIREAU

QUAND LE BLAIREAU SORT DE SON TERRIER …

Bien que protégé en Belgique, il est menacé d’extinction. Il est donc temps de prendre la défense de ce mustélidé dont la présence en Wallonie semble diminuer significativement.

Le blaireau a disparu de la région bruxelloise. En Wallonie un recensement général des terriers est en cours depuis 2007, sous la responsabilité de l’Université de Liège. Mille cinq cents terriers ont été recensés et une quarantaine sont suivis chaque année. Le blaireau est devenu le bouc émissaire des braconniers et des automobilistes. Sa situation nécessite toujours une extrême vigilance de la part des autorités, des associations de protection de la nature et … de nous tous.

le blaireau

 

Qui est-il ?

Discret et attachant, il représente une valeur ajoutée à nos sous-bois. Court sur pattes, massif et compact, le blaireau ressemble à un petit ours. Il pèse en moyenne 12,5 kgs mais, sujet à la surcharge pondérale, il peut, à l’automne, atteindre facilement 20 kgs. Sa tête blanche, rythmée par deux rayures noires traversant les yeux et les oreilles, lui donne un look très graphique. Les oreilles sont décorées d’un fin liseré blanc. Sa fourrure se compose de longues soies raides (appelées « poils de jarre ») noires. Mais les pointes sont assez claires et, en définitive, quand on croise un blaireau, on voit une masse assez grisâtre. La queue est courte et touffue. Il n’a pas une vue d’aigle, mais son ouïe est très fine. C’est son odorat qui est le mieux développé.

 

le blaireau

Son habitat

Il élit domicile dans un terrier profond et assez labyrinthique qu’il installe dans un terrain vallonné, dans un bosquet, dans un bois de feuillus ou dans des broussailles. Mais il n’est pas très difficile et peut vivre ailleurs, à condition que le terrain s’adapte à ses exigences. Le sol doit être drainé et bien solide pour éviter tout effondrement. Une petite pente est bien vue car elle facilite les déblais. Enfin, une couverture végétale lui permet de quitter discrètement son domicile. Son espace vital est important et la superficie d’un terrier varie entre 50 et 700 m2. Il y a plusieurs entrées, de six à quinze, parfois plus. Le blaireau creuse des galeries sur deux ou trois niveaux et sur une profondeur de plusieurs mètres. Elles sont rythmées par des « chambres » qui servent de dortoir ou de lieu de séjour pendant la journée. Des invités occasionnels comme le renard roux ou le lapin de garenne sont « acceptés ».

 

le blaireau

Un cueilleur, pas un chasseur

Le blaireau est un animal crépusculaire et nocturne, sauf en été où il peut émerger de sa tanière avant le coucher du soleil. Une fois sorti, il se balade pendant plusieurs heures, entre six et neuf, parfois plus. L’hiver, en revanche, il se repose au fond de sa tanière et en sort rarement, juste pour prendre un peu d’air frais. Peu exigeant sur le plan alimentaire, il s’adapte parfaitement aux nourritures locales et saisonnières. L’homme l’a classé dans la catégorie des carnivores, mais il ne dédaigne pas un régime 100 % végétarien, composé de racines, bulbes, tubercules, baies, champignons, glands, pommes, prunes, poires, myrtilles, châtaignes et noix.

le blaireau

 

24/10/2015

* LE RAT

Nouvel animal de compagnie à la mode, remarquablement intelligent, facile à élever, il est très sociable et affectueux. Le rat est aussi un animal peu onéreux qui convient bien à de petits budgets.

Biologiquement, le rat domestique appartient à l’espèce du rat brun, mais sa robe peut se parer de différentes nuances : cannelle, topaze, ambre, havane, champagne, etc. Le rat albinos est d’un blanc immaculé et uni ; l’himalayen est blanc mais avec des extrémités du corps colorées ; le siamois a une robe de couleur crème et des extrémités colorées ; le husky s’éclaircit progressivement au fil du temps. Les yeux du rat domestique peuvent être noirs, rubis, rouges ou roses. Parfois, ses yeux sont vairons (un œil de couleur différente).

 

le rat

 

Quel rat choisir ?

Ne l’achetez pas sur un coup de tête. Vérifiez que le nez et les yeux ne coulent pas.

Inspectez-le à la loupe pour déceler d’éventuelles croûtes et observez-le attentivement un bon moment pour vous assurer qu’il n’éternue pas. Son pelage doit être doux, soyeux et parfaitement lisse.

Des oreilles en forme de dentelle indiquent une maladie parasitaire. Jetez un coup d’œil dans la cage pour voir s’il n’y a pas de signes de diarrhée. Il doit être vif, joyeux et de bonne humeur et vous regarder dans les yeux. Choisissez un sujet jeune pour en profiter au maximum (la durée de vie moyenne d’un rat est de deux ans et demi-trois ans. Certains atteignent quatre ans). Un raton est sevré à l’âge de cinq semaines. Mâle ou femelle ? Peu importe. Les mâles ont une odeur légèrement plus forte et, comme les chats, marquent leur territoire en urinant. Les filles sont plus propres, mais ont plus de caractère et peuvent s’avérer de vraies enquiquineuses, au contraire des mâles, plus calmes.

 

le rat

 

Où le loger ?

Dans une cage, bien sûr, mais pas n’importe laquelle. Evites les cages pour souris, trop petites, et celles pour lapin qui ont des barreaux trop espacés.

Le rat aime prendre ses aises et se redresser de temps en temps sur ses pattes arrière. Il a besoin d’espace et va apprécier une cage XXL, truffée de cachettes, équipée de barreaux horizontaux pour pouvoir y grimper, faire ses acrobaties et s’amuser. Il faut compter 0,5 m3 par rat.

Installez la cage dans une pièce de vie. Un rat, comme un enfant, a besoin de présence et de chaleur humaine. Evitez les chambres à coucher. Le rat a des moments d’insomnie, chahute et, comme le chat, adore projeter de la litière autour de la cage.

Préférez des litières végétales : chanvre, lin ou maïs, mais pas de litière pour chat. Les copeaux de bois sont peu efficaces et peuvent s’avérer nocifs car ils contiennent des phénols, à l’origine de gênes respiratoires. Le rat sent presque bon, son odeur est douce. Si sa cage est nickel et sa litière bien adaptée, vous n’aurez aucun souci d’effluves désagréables.

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24/09/2015

* LA MORT AUX TROUSSES

En Australie pullulent quarante millions de kangourous. Ils provoquent des ravages sur les terres des éleveurs et des agriculteurs. Symboles du pays, ils divisent les Australiens ; les fermiers les font abattre, alors que les citadins veulent les défendre.

 

la mort aux trousses

 

Toujours les premiers sur l’herbe fraîche

Généralement, les kangourous se déplacent par bandes de cinquante. Dès que la pluie verdit la steppe, ils se précipitent pour dévorer l’herbe avant que le soleil ne la dessèche. Rien ne les arrête. De toute leur puissance ils brisent même les cultures. Les moutons n’ont alors plus rien à brouter dans les pâturages. Ce qui désespère les éleveurs.

 

Ils ont inventé la boxe avant l’homme

Un mâle féconde en moyenne vingt femelles et les prétendants à ce rôle de géniteur sont légion. C’est pourquoi ils se battent. Ils se tournent autour comme deux boxeurs sur un ring et chacun tente de donner sur la poitrine de son adversaire de violents coups avec ses griffes, aussi dures que l’acier. Ils imitent de leurs bras et poings les pugilistes. Les aborigènes attribuent au kangourou la création de l’univers et le célèbrent en l’imitant au cours de danses rituelles étonnamment réalistes.

 

la mort aux trousses

 

Chez les kangourous le bébé naît deux fois

Le fœtus de kangourou, après la naissance, va rejoindre la poche ventrale de la mère. Epreuve périlleuse pour la larve de quelques grammes ; pour effectuer le trajet du vagin à la poche, il dispose de deux minutes, pas plus, avant d’atteindre la tétine où il puisera ses forces. La femelle ne l’aide pas. S’il tombe, il meurt. Dans le marsupium, la tétine va se souder aux parois de sa bouche pendant deux mois environ.

Après soixante jours, le bébé cesse de téter en continu. Il commence à ouvrir les yeux et, lentement, ses oreilles se déplient. La poche maternelle contient quatre tétines qui produisent deux laits de qualité différente. L’un pour le nouveau-né, l’autre pour l’aîné dont la tête émerge hors de la poche. Vers sept ou huit mois, l’adolescent tète encore et continue à chercher refuge à l’intérieur du marsupium. Mais la mère, de plus en plus, le découragera. Il sera adulte à dix-huit mois.

 

la mort aux trousses

 

Mascotte des citadins, dieu pour les aborigènes

En Australie, les citadins recherchent le contact des kangourous, avec lesquels ils jouent lorsqu’ils visitent les parcs naturels. Bien soignés, les animaux se montrent très familiers.

 

En course, un champion de l’économie d’énergie

Lorsqu’il sillonne les steppes, le grand kangourou n’utilise que ses puissantes pattes postérieures qui peuvent le propulser jusqu’à 90 km/h. Par bonds pouvant aller jusqu’à 3 m de haut ou 8 m de long à 25 km/h, ses muscles consomment  moins d’énergie et son rythme respiratoire est plus modéré que lorsqu’il progresse lentement. Des chercheurs australiens ont en effet prouvé que sa consommation d’oxygène diminuait à cette vitesse. D’où sa résistance aux longues distances.

 

la mort aux trousses