23/10/2014

* LARMES AU-DESSOUS DU VOLCAN (Colombie)

Le « lion endormi » : ce surnom donné en Colombie au Nevado del Ruiz rassurait les habitants de la ville d’Armero. Mais un jour, tel le Vésuve engloutissant Pompéi, la bête s’est réveillée et a détruit la cité. Le 13 novembre 1985, la neige fondue par la lave se transformait en torrent de boue, faisant 23.000 victimes.

 

larmes au-dessous du volcan

Armero était la capitale cotonnière de la Colombie

Elle avait pourtant fière allure cette « Ciudad blanca », capitale cotonnière de la Colombie, avec ses bourgeois prospères, ses banques, ses champs de maïs, de riz et de sorgho …

Le volcan n’a pas frappé uniquement à Armero. A Mariquita, des blocs de rochers de la taille d’un camion emportés par le rio Guali ont détruit le lupanar. Le fleuve a tout emporté. Le long du rio Claro, sur le flanc oriental du Ruiz, les planteurs de café bradent leur récolte depuis que l’immonde flot de boue a emporté les installations de tri et de séchage. Dans les montagnes qui entourent le cratère, on ne compte plus les fermes abandonnées depuis que les toitures ont été soumises à un feu nourri de pierres incandescentes. Nous sommes en 1987.

Les éleveurs de bétail et les cultivateurs de pommes de terre de la région de Murillo ne se sont pas remis du coup que leur ont porté les pyroclasties, les pluies toxiques faites d’un mélange de cendres et de pierres.

La catastrophe d’Armero a privé douze communes de leurs ressources économiques et marginalisé environ 200.000 individus. C’est une avalanche sociale succédant à la coulée destructrice. Huit mille enfants ont péri dans la catastrophe. Ils sont sans doute sous cette terre désolée où plus jamais ne repousseront les maisons aux façades blanches.

larmes au-dessous du volcan

 

Des tonnes de comprimés contre les excès de table

La vague de solidarité a déposé sur les rivages désolés d’Armero quantité de colis. Les secouristes professionnels ont vu débarquer avec étonnement des montagnes vertigineuses de soupe en sachets, des tonnes de comprimés contre les excès de table et aussi un harmonium, don gracieux du Rotary Club britannique. Des camions entiers de vêtements ont été déchargés sur des terrains gorgés d’eau. Des caisses d’instruments chirurgicaux ont erré d’un service à l’autre, parce que personne n’avait pris la peine de les ouvrir.

 

Dans la périphérie du cratère, à moins de 10 km, demeuraient encore un millier de personnes vivant dans des conditions précaires : des agriculteurs dont les terres sont menacées par les pluies acides dues aux émanations gazeuses du volcan. La colère de la montagne a rejailli jusqu’à Honda, à 32 km d’Armero. Des édifices ont commencé à se lézarder. Un drame pour cette cité chargée d’histoire. Le bilan officiel de la catastrophe s’éleva à l’époque à un milliard et demi de francs.

 

larmes au-dessous du volcan

 

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