30/10/2014

* L'AÏ (paresseux)

HEUREUX COMME UN PARESSEUX

A l’école de la paresse, libre, buissonnière et gratuite, le jeune aï lové au creux de sa mère alanguie prend avec assiduité des leçons de farniente. Joli programme ! Pour survivre dans les forêts d’Amérique, il déploie un arsenal de recettes d’une aberrante excentricité.

 

l'aï (paresseux)

En forme de fruit défendu par quatre tenaces pédoncules

Grâce à ses griffes autobloquantes comme celles des chauves-souris, le paresseux peut rester des journées entières suspendu sans dépenser plus d’énergie qu’un fruit sur sa branche. Il dort ainsi vingt heures par jour. Dans certains jardins zoologiques, il n’est même pas en cage : on le suspend simplement à une barre.

 

l'aï (paresseux)

Un ascète au bras long, bien plus souple qu’un yogi

Ce contorsionniste au faciès toujours réjoui désarticule à sa guise ses membres et son cou. En adoptant une infinie variété de postures dans les arbres, il optimise son rayon d’action et économise les déplacements.

l'aï (paresseux)

 

Une mère tire-au-flanc affligée d’un bébé vif-argent

Jusqu’à neuf mois, le petit aï tète sa mère et s’y accroche. Il est d’abord très turbulent, presque déluré. Puis il semble prendre goût à la paresse en même temps qu’à la verdure. A un an, il est enfin fainéant comme père et mère et peut vivre seul sa vie.

l'aï (paresseux)

 

Trempé comme une soupe, il reste de bon poil

Le paresseux passant le plus clair de son temps le ventre en l’air, sa toison chevelue est « coiffée à l’envers », ce qui facilite l’égouttage lors des nombreuses ondées équatoriales. Sous les poils les plus longs, pousse une fourrure dense et veloutée de couleur dorée. L’aï mâle se distingue, lui, par une sorte de tonsure rayée d’une bande noire entre les épaules.

 

l'aï (paresseux)

Exilé sur le sol, traîné par ses pinces de géant

Incapable de se dresser sur ses pattes, le paresseux ne peut évoluer à terre qu’en y plantant ses griffes et en se hâlant péniblement. A l’horizontale, il reste, en quelque sorte, un grimpeur. A la nage, en revanche, il est plutôt à l’aise et franchit sans peine des cours d’eau ou des lacs larges d’un kilomètre. Sa légèreté, due à l’énorme volume de son estomac, lui permet de flotter.

 

l'aï (paresseux)

 

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