10/11/2014

* LE MAYA

Magnifique et complexe, la graphologie maya a laissé longtemps les scientifiques perplexes. Quatre siècles ! C’est le temps qu’il a fallu pour que l’écriture maya révèle enfin ses secrets.

Durant l’Antiquité, les Mayas, considérés comme la civilisation la plus brillante de l’époque précolombienne, rayonnent sur les terres d’Amérique centrale. Leurs connaissances en mathématiques et en astronomie sont prodigieuses et leur art éblouissant. Mais lorsque les Espagnols débarquent sur l’île de Cozumel, en 1519, le peuple maya a cessa de briller depuis longtemps et les habitants sont contraints de fuir vers la forêt vierge.

 

le maya

 

Dans les cités abandonnées, les conquistadores découvrent des milliers de livres rédigés selon un mystérieux alphabet compose de glyphes (des traits gravés en creux). Les envahisseurs, très chrétiens, voient là l’œuvre du diable ; ils brûlent un nombre considérable d’ouvrages. Seuls quatre codex sur papier d’écorce sont conservés à Dresde, Madrid et Paris et interdisent l’usage de l’écriture maya, au profit des caractères latins.

 

le maya

Un premier corpus

L’écriture maya tombe alors peu à peu dans l’oubli … jusqu’au XVIIIe siècle, lorsque les fouilles archéologiques des sites mayas débutent. Les chercheurs découvrent cette étrange écriture sur les monuments et les objets de la vie quotidienne. Pour la déchiffrer, la première étape est de recenser les glyphes et d’établir un corpus, outil indispensable à l’étude d’une langue. Pour cela, il faut attendre l’invention de la photographie et l’arrivée en Amérique centrale d’Alfred Maudslay dans les années 1880. Grâce à ses photos, un premier corpus digne de ce nom est réalisé. Durant de nombreuses années, différents experts font avancer, par petits pas, le déchiffrage. Pour ces chercheurs, l’écriture maya serait logographique et fonctionnerait comme des rébus.

Mais après la Seconde Guerre mondiale, le Russe Youri Knorosov contredit cette hypothèse. D’après la légende, ce linguiste, artilleur durant la guerre, aurait découvert une reproduction d’un code maya dans les ruines de Berlin. Isolé par le rideau de fer, il s’attaque à la traduction de ce texte avec un regard vierge. En 1952, il publie ses conclusions : l’écriture maya compte trop de signes pour être alphabétique et trop peu pour être logographique. Il s’agit d’un système mixte. Mais, guerre froide oblige, son travail est d’abord contesté par les Occidentaux.

 

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Un ado résout l’énigme

Il faut attendre près de trente ans pour que l’Américain David Stuart trouve la clé finale de l’énigme maya. Fils d’un archéologue, le jeune David suit son père sur les fouilles et commence, dès 8 ans, à recopier les glyphes mayas. Passionné par cette civilisation, le garçon retourne régulièrement en Amérique centrale. En 1981, à 17 ans, il fait une découverte essentielle : une même syllabe peut être représentée par plusieurs signes différents.

Les Mayas aimaient innover et les scribes adoptaient chacun leur style propre.

Grâce à cette découverte, 90 % des glyphes peuvent désormais être compris avec quasi-certitude. Le mystère est enfin levé …

 

 

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