26/11/2014

*L'OASIS DE L'ETERNEL RETOUR

L’hiver en Europe est fatal à des millions d’oiseaux. Les hérons et goélands sont allés attendre le printemps au Sahara. En Mauritanie, dans les riches vasières du banc d’Arguin, des multitudes d’espèces ont appris à survivre dans une chaleur et une sécheresse infernales.

 

l'oasis de l'éternel retour

Un vol d’Eurasiens sur des nids africains

Sur leurs îlots arides, au bord de l’Atlantique, les oiseaux nicheurs africains, tels des pélicans blancs avec leurs « petits » au duvet sombre, assistent chaque automne à l’invasion de migrateurs eurasiens.

 

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Les longs pieds sont les premiers à la marée

La mer libère les immensités de vase qu’elle a fertilisées à marée haute. Flamants et hérons se précipitent pour exploiter, grâce à leurs longues pattes, les zones encore immergées ; les uns filtrent dans la vase des animalcules, les autres y harponnent les poissons.

Autour du delta du banc d’Arguin, sur les côtes de Mauritanie, il y a sept mille ans, des girafes et des éléphants hantaient la savane. Il est même probable que des hippopotames s’ébrouaient dans les forêts. Aujourd’hui, les naturalistes n’ont plus à compter que des oiseaux. Ils sont des millions.

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Les rois de la boue ont de bonnes prises de bec

Venues de Hollande, les spatules disposent, en guise de bec, d’un remarquable instrument pour fouiller la vase « à l’aveugle » ; il se manie à la manière d’une faux et se referme au contact des proies. Recouvert d’une peau sensible, il ne peut guère servir aux bagarres. Le bécassier maubèche picore la vase pour y capturer des bestioles. Au banc d’Arguin y an a trois cent vingt mille comme lui.

 

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Un paradis perdu où les oiseaux aiment à revenir

 

Vaste comme six fois la Camargue, le Parc national (mauritanien) du banc d’Arguin couvre environ 500.000 hectares et abrite chaque année deux à trois millions d’oiseaux migrateurs. Ce dédale d’îlots arides a été formé par le delta d’un fleuve, aujourd’hui asséché. Il y a 7000 ans, cette région jouissait d’un climat tropical semi-humide : coulant au milieu de la savane, le fleuve était festonné de mangroves luxuriantes.

 

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