30/11/2014

*L'OR DES MERS DE CHINE

Au creux des falaises de Thaïlande et d’autres forteresses naturelles d’Extrême-Orient, des hommes risquent leur vie pour cueillir des nids d’hirondelles. Ce mets, auquel les Chinois de tous pays prêtent des vertus magiques, est presque aussi précieux que l’or. Entourés de mystère, des personnages bâtissent des fortunes sur son négoce et défendent jalousement leurs secrets.

l'or des mers de chine

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Le filon des salanganes tissé petit à petit

Sous la protection des ornithologues, les salanganes mâles, proches des martinets européens, bâtissent leurs nids avec leur salive qui sèche dans les recoins des grottes.

 

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Mort à celui qui grimpe sans savoir

Dans la grotte de Gomantong, au nord de Bornéo, les cueilleurs de nids doivent grimper une centaine de mètres sur de périlleuses échelles de bambou et de rotin. Les plus anciennes, dangereuses, sont laissées sur place pour punir les braconniers.

A Bangkok, les employés de la compagnie Laem Tong trient, brossent, pèsent et emballent les nids de première qualité qui seront expédiés à Hong Kong, plaque tournante du négoce international.

 

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Du pain de vie dans un ciboire païen

Les nids d’hirondelles passent pour redonner aux hommes la vigueur de la jeunesse. En crépinettes, ils sont mêlés à des pousses et à du poulet émincé. Présentés comme le saint sacrement dans un vase précieux, les nids bouillis, sucrés, forment des filaments mucilagineux.

 

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A Paris, les gourmets mangent des miettes

Les « nids blancs », de très haute qualité, sont pratiquement introuvables à Paris. « Trop chers, pas assez de connaisseurs fortunés », regrettent les commerçants spécialisés. Il ne se vend guère, dans les quartiers les plus chinois de la capitale, (c’est-à-dire les XIIIe et Ve arrondissements), que des nids d’assez médiocre qualité, en miettes, en paillettes ou en boulettes.

Paris eut l’idée de fabriquer des fortifiants à base de nids, en ampoules buvables. La clientèle est partout la même, ce sont de vieux Chinois nostalgiques, croyant dur comme fer aux vertus vivifiantes du produit, et des restaurateurs pour lesquels il n’est pas de vrai menu chinois sans nids d’hirondelles.

 

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