16/01/2015

* OMBRES CHINOISES

OMBRES CHINOISES DANS LA MER DES CHANSONS

A l’abri des montagnes, dans la Chine méridionale, le peuple des Dong vit isolé depuis des siècles. Il a pu ainsi développer une civilisation particulière, à la fois marquée par des traditions héritées de l’époque impériale et fondée sur le chant comme mode d’expression. Surnommé la Mer des chansons, le pays dong subsiste en autarcie, surtout grâce à ses rizières en étages.

 

ombres chinoises

 

Falaises de bois pour abriter la gamme des jours

Construites en bois et assemblées sans clous ni liens, les maisons villageoises de Shao Li Dong, au Guizhou, l’une des trois provinces avec le Guangxi et le Hunan où se sont réfugiés les Dong, s’épaulent les unes les autres. Bâties sur trois niveaux, elles abritent au rez-de-chaussée étables et poulaillers. Les familles vivent à l’étage, souvent sur leur balcon qui domine d’étroites ruelles.

 

ombres chinoises

 

Ronde de charme pour moduler l’harmonie de la vie

Les Dong possèdent une langue particulièrement adaptée au chant dont ils ont fait le centre de leur culture. Réunies à la veillée dans la tour du Tambour qui surplombe chaque village, des chorales célèbrent ainsi toutes les circonstances de l’existence : l’amour et la séparation, les rudes travaux des champs et l’hommage aux dieux. Les enfants, dès leur plus jeune âge, sont initiés à cet art.

 

ombres chinoises

 

Cercle de paix pour concentrer la magie du jeu

Dans la fumée des cigarettes roulées à la main, les anciens se retrouvent à toute heure du jour dans la tour du Tambour de Shao Li Dong. Leur jeu préféré s’apparente aux dominos. Il leur arrive aussi d’utiliser les cartes. Celles-ci sont taillées dans des bambous peints aux couleurs des atouts.

 

Symphonie des pagodes pour apaiser les esprits

Pas un village qui ne possède son pont de la Pluie et du Vent, entièrement peint et surmonté de plusieurs tourelles en forme de pagode. Son rôle est moins d’enjamber les rivières que de célébrer l’esprit supposé l’habiter. La population vient volontiers à ses pieds faire sécher ses récoltes. Certains ponts comptent deux étages : l’un pour le passage des hommes, l’autre pour les bêtes.

 

ombres chinoises

 

Lever de rideau dans un pays de rizières

Dans la Mer des chansons, la vie s’organise autour des rizières où l’on accède par des sentiers grossièrement pavés. Après avoir participé aux travaux, les femmes, qui portent souvent leurs enfants dans des palanches, reviennent au village tisser le coton. Les lés sont teints en violet foncé et parfois martelés avec de gros maillets, ce qui leur donne un curieux aspect laqué.

 

Ultime parade d’un cochon convié au festin

Le « jour des cent mariages » se célèbre au printemps, à l’issue des fêtes du nouvel an chinois réputé porter bonheur en amour. Repeint en rouge avec son sang, le cochon transporté dans les rues de Chengyang, au Guangxi, est inscrit au menu des festins qui peuvent durer trois jours.

 

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Gravité des écoliers rattrapés par leur siècle

Le pays des Dong sort de son isolement. Au Guangxi, de nombreux villages abandonnent leur ancien mode de vie pour se plier aux exigences de la modernité et du lointain pouvoir central, à Pékin. Les écoliers de Lingliu sont déjà scolarisés : ils apprennent le chinois.

 

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