21/02/2015

* CARNAVAL DE VENISE

La Sérénissime Venise prête son décor idéal aux féeries et fantasmagories de Carnaval.

Bouche en cœur et bourreau des cœurs, c’est Casanova craché, poudré à frimas, ambigu à souhait avec sa mouche assassine ? Alentour, les classiques Vénitiens, masqués de la « bauta » en carton bouilli, instrument des frasques et impostures.

Clair de lune en plein jour, l’ami Pierrot, Pedrolino pour les Italiens, contemple de la vitre la marée humaine sur la place Saint-Marc. Ce héros languissant des farces italiennes incarne le défaut de sa qualité : romantisme et niaiserie.

 

carnaval de venise

 

Démoniaque et bondissant, mais aussi balourd et polisson, voici, flanqué d’un masque plus classique et sévère, ce faquin d’Arlequin. Au XVIe siècle, loin d’être élégant, son habit était simplement rapiécé pour figurer les haillons d’un mendiant.

Galonné et masqué d’or, drapé de pourpre et jaboté de dentelles, encore un mystérieux aventurier : la boucle d’oreille trahit-elle le marin au long cours ? Ou bien le malandrin de sac et de corde ? Mais non, c’est à coup sûr un intellectuel qui joue au matamore.

Honorable mamamouchi, roi mage ou sybarite ? Arturo est tout à la fois quand il se pavane dans les cafés, dont le célèbre Florian. Son plaisir : être regardé, recherché, photographié.

 

carnaval de venise

 

Ivresse de l’illusion en cascade : derrière le masque, et le salut de l’artiste, ravi d’être remarqué. Il tient à la main une version moderne de l’ancienne parure dont les belles Vénitiennes se couvraient jadis pour rejoindre incognito leurs galants.

 

Venise, ville exquise, est au Carnaval, la patrie des aventuriers. Il attire de nombreux étrangers. Voltaire y situe le fameux souper de Candide avec six rois détrônés arrivés de toute l’Europe pour y oublier leurs infortunes. La vraie liesse est dehors, grondante et de plus en plus sauvage ; on se réincarne en chat, en ours, en Auguste, en Mickey, en Schtroumpf ou Goldorak. Et la musique des hauts-parleurs municipaux est souvent plus disco que bel canto. Tant pis pour l’Europe intellectuelle, attirée aussi par la biennale de théâtre qui coïncide avec la mascarade. Il faut aussi des fous, des amoureux, des badauds ; ils viennent ici pour se faire voir, c’est le paradis des photographes, et pour regarder, pour séduire et pour être conquis, avec leurs grâces de pantomimes et leurs pas de deux hésitants. 

 

carnaval de venise

 

Commentaires

merci à plombier paris de votre visite et de votre commentaire.

Écrit par : josiane | 28/02/2015

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