30/08/2015

* VOS SEPT MERVEILLES DE BELGIQUE

Les paysages de Gaume

La « Petite Provence » belge a tout à fait sa place ici. Parce que, un site, un paysage, protégé, intact, est un chef d’oeuvre auquel participent les hommes ! Cette région, au climat toujours plus doux, est une véritable invitation à la balade, Florenville, Chassepierre, Tintigny, autant de villages authentiques nichés au milieu des prairies et des forêts. Les abords de la Semois, les marais, ont souvent été mués en « réserves naturelles » et protégées… Le paradis des marcheurs… qu’ils soient randonneurs ou arpenteurs du dimanche.

 

vos sept merveilles de belgique

 

L’abbaye cistercienne de Villers-la-Ville

Cet édifice majestueux du 13e siècle doit une grande partie de sa beauté au lierre qui serpente le long de ses pierres, à l’impression de grandeur passée qui s’en dégage.

 

vos sept merveilles de belgique

 

L’Atomium

Le symbole du modernisme et de l’exposition universelle de 1958 brille de mille feux. Véritable totem de la ville et attraction la plus prisée des touristes, il a été conçu, sur la base d’un cristal de fer. Un beau symbole … dont le slogan « bilan d’un monde, pour un monde plus humain » n’a jamais été aussi actuel !

 

vos sept merveilles de belgique

 

La gare TGV de Liège-Guillemins

« Pharaonique », « laid », « défigure la colline de Cointes »… les critiques ont fusé de toutes parts. Pourtant, depuis deux ans, l’édifice de Santiago Calatrava Valls a trouvé sa place. Une merveille, c’est forcément gigantesque aussi et novateur, donc sujet à controverse. On aime ses volutes, ses arcs élégants et immaculés qui s’étendent comme une onde sur la ville.

 

vos sept merveilles de belgique

 

Le bois de Hal

Braine-le-Château est déjà un village ravissant en soi. Mais lorsque le printemps éclate, ses bois se couvrent d’un tapis bleu et odorant de jacinthes sauvages. C’est sublime. Une claque définitive au bonhomme hiver !

 

vos sept merveilles de belgique

 

Les maisons Horta de Bruxelles

Chez nous, souvent, l’architecture la plus novatrice ne s’exprime pas dans de gigantesques bâtiments publics mais bien au travers d’initiatives privées, de particuliers ayant envie de s’offrir de jolies maisons. Les admirables maisons signées par Victor Horta en sont le symbole. Perfectionniste, il en a dessiné chaque détail, jusqu’aux placards et aux poignées de portes, dans son style gracieux si caractéristique.

 

vos sept merveilles de belgique

 

La cathédrale Notre-Dame de Tournai

Un monstre, une institution, un vaisseau … 134 mètres, la même taille que Notre-Dame de Paris ! Ce gigantesque édifice du 13e siècle réussit l’exploit de rester léger, de tirer son visiteur vers le ciel, grâce à ses cinq tours de 83 mètres de haut. La nef romane et le cœur gothique complètent ce chef d’œuvre de l’art de l’Escaut.

 

vos sept merveilles de belgique

 

 

22/08/2015

* LA RIVIERE ASSASSINEE

Il existe 282.000 km de cours d’eau en France. Rares sont ceux qui ne sont pas touchés par cette lèpre de notre temps : la pollution. Mais, au cœur du pays aptésien, dans le Vaucluse, l’une des plus belles régions de France, les hommes ont véritablement assassiné le Calavon. De sa source à son embouchure, cette « eau vive » est devenue égout.

 

la rivière assassinée

 

C’était une si jolie petite rivière. Sentant bon la lavande des champs qu’elle arrose, dansant sur les cailloux, musardant de trou en trou, jouant avec les castors, les truites et les écrevisses. Des villages aux noms chantants la regardent couler. Ils s’appellent Oppedette, Sainte-Croix …

 

la rivière assassinée

 

On l’aime au point de lui avoir donné deux noms. Les gens d’ici l’appellent le Calavon, mais sur les vieilles plaques des ponts qui l’enjambent on peut aussi lire parfois le Coulon.

 

la rivière assassinée

 

La jolie petite rivière n’existe plus. Elle a été assassinée par les hommes, leurs déchets, leurs industries, leur insouciance et leur inconscience.

« L’hypocrite Calavon », surnommé ainsi en raison de ses brusques colères qui inondaient la vallée et dont la dernière remonte à 1962, prend sa source près de Banon, dans la Haute-Provence, à 800 m d’altitude. Il se jette dans la Durance, 80 km plus bas, au nord de Cavaillon. Jusqu’à Apt, sur la première moitié de son cours, dégringolant des gorges d’Oppedette ou paressant dans la plaine de la Bégude, c’est un joyeux torrent à l’eau cristalline. La vie y abonde : grenouilles, écrevisses, alevins, truites, gardons y voisinent avec des colonies de castors, les couleuvres qui s’y baignent, les martins-pêcheurs qui y plongent.

 

Apt : le torrent devient poubelle

Du haut des « trois arches de Jules César », vingt siècles d’histoire contemplent deux décennies d’immondices. Le pont Julien, construit avant notre ère, est situé à cinq km en aval d’Apt, capitale mondiale du fruit confit, où commence le problème. Cette industrie est tellement polluante qu’Apt pollue autant qu’une agglomération de 135.000 âmes. Sur plus de 40 km, le Calavon n’est qu’un égout pestilentiel, charriant tous les déchets imaginables. A Cavaillon, ce sont les surplus de fruits invendus que l’on rejette directement dans la rivière. La couleur de « l’eau » varie de jour en jour : les sucres de fruits, le sang des abattoirs, l’huile usagée des stations-service s’y mélangent constamment avec le tout-à-l’égout de la ville d’Apt.

 

la rivière assassinée

 

 

La haut cours du Calavon abrite une des dernières colonies de castors de France. Ce sont les anges gardiens de la rivière ; leurs barrages créent des retenues d’eau où se concentre, en période de sécheresse, la survie de la rivière. 

la rivière assassinée

15/08/2015

* LA LUMIERE VENUE DU FROID

Elles déroulent leurs festons et leurs draperies sur des milliers de km. L’homme les regarde avec admiration, mais aussi avec crainte. Phénomène physique exceptionnel, les aurores boréales gardent une partie de leur mystère.

 

la lumière venue du froid

 

Au-dessus du pôle, le palais de lumière de la fée Morgane

Pendant très longtemps, les habitants de Reggio de Calabre en Italie ont assimilé l’aurore polaire, spectacle tout à fait inhabituel pour eux, au palais de la fée Morgane « à cause de ses colonnades, arcs et portiques ».

Des arcs-en-ciel nocturnes qui ne doivent rien à la pluie

C’est une collision entre particules atmosphériques et particules convoyées par le vent solaire qui explique l’aurore polaire, non la diffraction de la lumière à travers une goutte d’eau comme dans le cas de l’arc-en-ciel. Les particules d’oxygène ou d’azote ainsi excitées émettent leur rayonnement sur toute une gamme de longueurs d’ondes. D’où la diversité des coloris.

Des siècles durant, on s’est contenté d’admirer sans comprendre un des spectacles les plus fantastiques que nous offre la nature, un ciel de minuit embrasé de lueurs vertes, bleues ou roses : l’aurore polaire. Phénomène lumineux de grande ampleur, elle se manifeste de manière générale au-dessus de région proches des pôles. A minuit, on voit apparaître soudain dans le ciel constellé d’étoiles un « ovale auroral » de plusieurs milliers de km de circonférence, à une altitude comprise entre 80 et 400 km.

 

la lumière venue du froid

 

La lueur céleste qui éclipse les lumières de la ville

Les habitants de Fairbanks, en Alaska, jouissent d’un privilège enviable : leur ville est située assez près du pôle géomagnétique et le ciel y est assez dégagé. L’aurore polaire n’atteint qu’exceptionnellement nos latitudes.

 

la lumière venue du froid

 

Pour comprendre l’aurore boréale, il faut prendre les choses de haut

L’aurore boréale est un phénomène physique complexe. La Terre est normalement protégée des rayonnements cosmiques par son champ magnétique. Celui-ci dessine dans l’espace une sorte de cavité appelée magnétosphère. Dans certains cas, des particules ionisées parviennent à se glisser dans la queue de la magnétosphère, donnant naissance à l’aurore.

la lumière venue du froid

01/08/2015

* LES NAUFRAGES DE LA PREHISTOIRE

Les tortues luths sont les plus grandes tortues du monde. Elles habitent l’océan. Mais chaque année, des femelles se risquent hors de leur élément pour pondre dans les sables de la Guyane française. Venues y donner la vie, elles y trouvent souvent la mort.

Les côtes de Guyane se transforment parfois en cimetières. Les urubus, de petits vautours, se disputent les meilleurs morceaux d’une femelle d’une demi tonne tuée par les pêcheurs. Ailleurs, d’autres tortues luths s’éventrent sur des souches pointues, s’enlisent dans les marais ou sont desséchées par le soleil. Quand elles sont retournées par les vagues, il est rare qu’elles en réchappent.

 

les naufragés de la préhistoire

La tortue luth ne donne aucun soin à ses rejetons

En pleine nuit, sur la plage, la femelle creuse un nid profond de 80 cm. Elle y dépose une centaine d’œufs. Après avoir rebouché le trou, elle regagne aussitôt le large. L’incubation, c’est la chaleur du sol qui s’en charge. Mais beaucoup d’œufs n’éclosent jamais. Deux mois plus tard, dans l’obscurité des sables, les petites percent leur coquille à l’aide d’une « dent » qu’elles portent sur le museau. C’est en groupe, les unes forant, les autres tassant, qu’elles se hissent, en plusieurs jours, jusqu’à la lumière. Elles émergent alors comme des champignons. Aussitôt elles rampent vers la mer, en processions pataudes, proies faciles pour les rapaces, les chiens, les caïmans ou les crabes. Rares sont les survivantes qui pourront enfin pratiquer la natation, pour laquelle elles sont manifestement bâties.

 

les naufragés de la préhistoire

La pondeuse rejoint la mer, elle est sauvée

Chaque parcours sur la plage est pour la tortue luth un chemin de croix ; ses pattes ne sont pas faites pour marcher. Elle ne sait ni reculer, ni « braquer » pour éviter un obstacle et son cerveau de cinq grammes ne lui permet guère d’initiatives. On suppose que les adultes parcourent ensuite de cinq à dix mille km dans les océans, en suivant les bancs de méduses dont elles se nourrissent. On ne connaît presque rien de leurs amours car les mâles ne viennent jamais volontairement à terre.

 

Elles dépassent parfois 2 mètres et 800 kgs

A leur naissance, elles ont le poids d’une alouette, à l’âge adulte, celui d’un cheval. La même proportion que chez les dinosaures. Plus de dix mille bêtes ont été immatriculées. Hélas, beaucoup d’entre elles perdent ensuite leur marque dans l’océan.

 

Tortue luth ou tortue cuir ?

La tortue luth doit son nom au naturaliste français Daubenton qui, en 1769, la baptisa ainsi en raison de sa forme et en souvenir d’une légende grecque ; le dieu Hermès aurait inventé l’instrument de musique du même nom en tendant sur la carapace d’une tortue géante les intestins d’un bœuf qu’il avait volé au dieu Apollon. Cependant un autre zoologiste la nomma « tortue lyre ». La mythologie lui donne raison : Hermès a toujours passé pour l’inventeur de la lyre et non du luth. Les anglophones la nomment « tortue cuir », en raison de la peau qui recouvre sa carapace osseuse. Toutes les autres tortues de mer : la caouanne, la tortue verte, la tortue imbriquée, l’olivâtre sont, elles, couvertes d’écailles.

 

les naufragés de la préhistoire