20/12/2015

* VICTOR HUGO

VICTOR HUGO en Belgique, il était une fois …

 

Il y a 150 ans, Victor Hugo publiait son plus fameux roman, « Les Misérables » à Bruxelles.

Victor Hugo a une longue histoire avec la Belgique.

victor hugo

 

« L’Hôtel de Ville est un bijou »

« J’admire comme les Belges parlent flamand en français », disait Victor Hugo. La première fois que l’écrivain visite notre pays, en 1837, c’est en touriste. Il a 35 ans et offre une escapade amoureuse à sa maîtresse, Juliette Drouet.

Mais chaque soir, il écrit consciencieusement à sa femme, restée au bercail avec leurs cinq enfants. Et il s’extasie de ce qu’il voit en Belgique : « Je suis ébloui de Bruxelles. L’Hôtel de Ville est un bijou. Et puis, la place qui l’entoure est une merveille. Je suis monté sur les clochers de Sainte-Gudule. Toute la ville sous mes pieds. C’était vraiment beau. J’ai tout admiré comme un provincial de Paris que je suis ».

Dans la foulée, Hugo visite Bruges, Gand, Anvers … Certains de ses commentaires sont cocasses. Ainsi estime-t-il que la bière de Louvain « a un arrière-goût douceâtre qui sent la souris crevée ».

 

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En exil à Bruxelles

Trois ans plus tard, Hugo découvre la Wallonie. Il remonte la vallée de la Meuse, de Givet à Liège. Le troisième voyage de Victor Hugo en Belgique est d’un tout autre acabit.

En décembre 1851, Hugo condamne le coup d’Etat de Napoléon III. Il est proscrit et doit fuir Paris. Son exil va durer près de vingt ans, et il commence à Bruxelles. L’écrivain s’installe pour sept mois dans l’une des maisons de la Grand-Place. C’est là qu’il écrit « Napoléon le Petit », un pamphlet contre l’Empereur des Français. Quand l’ouvrage est publié, Hugo doit s’éloigner. Il part alors pour Jersey, puis Guernesey.

 

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Waterloo, morne plaine

A peine Hugo a-t-il quitté la Belgique qu’il écrit un vers resté célèbre ! « Waterloo, Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine ».

A l’époque, Hugo n’a jamais vu le champ de bataille où Napoléon Ier a été défait par les Anglais. Il en aurait eu maintes fois l’occasion, mais il estime que le lion dressé là est une insulte à la France.

En 1861, Hugo va pourtant venir à Waterloo. Il termine l’écriture des « Misérables » et il veut y insérer une description de la bataille. Afin que ces lignes soient réalistes, il se résout à se rendre sur place. Il passe deux mois à Mont-Saint-Jean, dans une chambre d’hôtel dont la fenêtre donne sur le lion. C’est là, le 30 juin 1861 à 8 h30 du matin, qu’il écrit le mot « Fin » sur le manuscrit des « Misérables ». Le roman est publié à Bruxelles au printemps de l’année suivante.

 

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Adèle Hugo meurt à Bruxelles

Par la suite, Hugo revient régulièrement à Bruxelles. En 1866, il s’installe avec sa famille dans une maison de la place des Barricades. Juliette Drouet, sa maîtresse vit non loin de là, dans les Galeries royales Saint-Hubert. En 1868, Adèle Hugo, la femme de Victor, décède à Bruxelles. Il accompagne son cercueil jusqu’à la frontière, mais il ne peut aller plus loin car il est toujours proscrit.

Les opinions politiques de Victor Hugo sont parfois embarrassantes pour les autorités belges, qui tiennent à garder de bonnes relations avec Paris. Le 30 mai 1871, Léopold II estime que cela suffit. Il ordonne au sieur Hugo « de quitter immédiatement le royaume, avec défense d’y rentrer à l’avenir ». Victor Hugo a 69 ans. Il ne reverra jamais la Belgique.

 

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