28/12/2015

* LE BLAIREAU

QUAND LE BLAIREAU SORT DE SON TERRIER …

Bien que protégé en Belgique, il est menacé d’extinction. Il est donc temps de prendre la défense de ce mustélidé dont la présence en Wallonie semble diminuer significativement.

Le blaireau a disparu de la région bruxelloise. En Wallonie un recensement général des terriers est en cours depuis 2007, sous la responsabilité de l’Université de Liège. Mille cinq cents terriers ont été recensés et une quarantaine sont suivis chaque année. Le blaireau est devenu le bouc émissaire des braconniers et des automobilistes. Sa situation nécessite toujours une extrême vigilance de la part des autorités, des associations de protection de la nature et … de nous tous.

le blaireau

 

Qui est-il ?

Discret et attachant, il représente une valeur ajoutée à nos sous-bois. Court sur pattes, massif et compact, le blaireau ressemble à un petit ours. Il pèse en moyenne 12,5 kgs mais, sujet à la surcharge pondérale, il peut, à l’automne, atteindre facilement 20 kgs. Sa tête blanche, rythmée par deux rayures noires traversant les yeux et les oreilles, lui donne un look très graphique. Les oreilles sont décorées d’un fin liseré blanc. Sa fourrure se compose de longues soies raides (appelées « poils de jarre ») noires. Mais les pointes sont assez claires et, en définitive, quand on croise un blaireau, on voit une masse assez grisâtre. La queue est courte et touffue. Il n’a pas une vue d’aigle, mais son ouïe est très fine. C’est son odorat qui est le mieux développé.

 

le blaireau

Son habitat

Il élit domicile dans un terrier profond et assez labyrinthique qu’il installe dans un terrain vallonné, dans un bosquet, dans un bois de feuillus ou dans des broussailles. Mais il n’est pas très difficile et peut vivre ailleurs, à condition que le terrain s’adapte à ses exigences. Le sol doit être drainé et bien solide pour éviter tout effondrement. Une petite pente est bien vue car elle facilite les déblais. Enfin, une couverture végétale lui permet de quitter discrètement son domicile. Son espace vital est important et la superficie d’un terrier varie entre 50 et 700 m2. Il y a plusieurs entrées, de six à quinze, parfois plus. Le blaireau creuse des galeries sur deux ou trois niveaux et sur une profondeur de plusieurs mètres. Elles sont rythmées par des « chambres » qui servent de dortoir ou de lieu de séjour pendant la journée. Des invités occasionnels comme le renard roux ou le lapin de garenne sont « acceptés ».

 

le blaireau

Un cueilleur, pas un chasseur

Le blaireau est un animal crépusculaire et nocturne, sauf en été où il peut émerger de sa tanière avant le coucher du soleil. Une fois sorti, il se balade pendant plusieurs heures, entre six et neuf, parfois plus. L’hiver, en revanche, il se repose au fond de sa tanière et en sort rarement, juste pour prendre un peu d’air frais. Peu exigeant sur le plan alimentaire, il s’adapte parfaitement aux nourritures locales et saisonnières. L’homme l’a classé dans la catégorie des carnivores, mais il ne dédaigne pas un régime 100 % végétarien, composé de racines, bulbes, tubercules, baies, champignons, glands, pommes, prunes, poires, myrtilles, châtaignes et noix.

le blaireau

 

20/12/2015

* VICTOR HUGO

VICTOR HUGO en Belgique, il était une fois …

 

Il y a 150 ans, Victor Hugo publiait son plus fameux roman, « Les Misérables » à Bruxelles.

Victor Hugo a une longue histoire avec la Belgique.

victor hugo

 

« L’Hôtel de Ville est un bijou »

« J’admire comme les Belges parlent flamand en français », disait Victor Hugo. La première fois que l’écrivain visite notre pays, en 1837, c’est en touriste. Il a 35 ans et offre une escapade amoureuse à sa maîtresse, Juliette Drouet.

Mais chaque soir, il écrit consciencieusement à sa femme, restée au bercail avec leurs cinq enfants. Et il s’extasie de ce qu’il voit en Belgique : « Je suis ébloui de Bruxelles. L’Hôtel de Ville est un bijou. Et puis, la place qui l’entoure est une merveille. Je suis monté sur les clochers de Sainte-Gudule. Toute la ville sous mes pieds. C’était vraiment beau. J’ai tout admiré comme un provincial de Paris que je suis ».

Dans la foulée, Hugo visite Bruges, Gand, Anvers … Certains de ses commentaires sont cocasses. Ainsi estime-t-il que la bière de Louvain « a un arrière-goût douceâtre qui sent la souris crevée ».

 

victor hugo

En exil à Bruxelles

Trois ans plus tard, Hugo découvre la Wallonie. Il remonte la vallée de la Meuse, de Givet à Liège. Le troisième voyage de Victor Hugo en Belgique est d’un tout autre acabit.

En décembre 1851, Hugo condamne le coup d’Etat de Napoléon III. Il est proscrit et doit fuir Paris. Son exil va durer près de vingt ans, et il commence à Bruxelles. L’écrivain s’installe pour sept mois dans l’une des maisons de la Grand-Place. C’est là qu’il écrit « Napoléon le Petit », un pamphlet contre l’Empereur des Français. Quand l’ouvrage est publié, Hugo doit s’éloigner. Il part alors pour Jersey, puis Guernesey.

 

victor hugo

Waterloo, morne plaine

A peine Hugo a-t-il quitté la Belgique qu’il écrit un vers resté célèbre ! « Waterloo, Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine ».

A l’époque, Hugo n’a jamais vu le champ de bataille où Napoléon Ier a été défait par les Anglais. Il en aurait eu maintes fois l’occasion, mais il estime que le lion dressé là est une insulte à la France.

En 1861, Hugo va pourtant venir à Waterloo. Il termine l’écriture des « Misérables » et il veut y insérer une description de la bataille. Afin que ces lignes soient réalistes, il se résout à se rendre sur place. Il passe deux mois à Mont-Saint-Jean, dans une chambre d’hôtel dont la fenêtre donne sur le lion. C’est là, le 30 juin 1861 à 8 h30 du matin, qu’il écrit le mot « Fin » sur le manuscrit des « Misérables ». Le roman est publié à Bruxelles au printemps de l’année suivante.

 

victor hugo

Adèle Hugo meurt à Bruxelles

Par la suite, Hugo revient régulièrement à Bruxelles. En 1866, il s’installe avec sa famille dans une maison de la place des Barricades. Juliette Drouet, sa maîtresse vit non loin de là, dans les Galeries royales Saint-Hubert. En 1868, Adèle Hugo, la femme de Victor, décède à Bruxelles. Il accompagne son cercueil jusqu’à la frontière, mais il ne peut aller plus loin car il est toujours proscrit.

Les opinions politiques de Victor Hugo sont parfois embarrassantes pour les autorités belges, qui tiennent à garder de bonnes relations avec Paris. Le 30 mai 1871, Léopold II estime que cela suffit. Il ordonne au sieur Hugo « de quitter immédiatement le royaume, avec défense d’y rentrer à l’avenir ». Victor Hugo a 69 ans. Il ne reverra jamais la Belgique.

 

victor hugo

13/12/2015

* LES LILIACEES

 

Botanistes et acheteurs d’art se disputent ces fleurs

On les appelle liliacées. Peintes il y a plus de cent cinquante ans par Pierre Joseph Redouté, elles passionnent encore aujourd’hui acheteurs d’art et botanistes. Pour les premiers, elles sont des chefs-d’œuvre, pour les seconds une référence scientifique.

les liliacées

 

La Couronne Impériale originaire d’une vaste zone qui va de l’Anatolie aux confins occidentaux de l’Himalaya, était, dès 1570, la reine des jardins en Europe.

Toute l’élégance de la Couronne Impériale est dans la houppe de feuilles qui en surmonte l’inflorescence. Au XVIIe siècle, cette fleur faisait l’objet de compétitions acharnées entre collectionneurs, tous cherchant à multiplier le nombre des fleurs ou celui des étages de clochettes. Chacun des six tépales porte, à sa base, une petite tache. Il s’agit de nectaires sécrétant des gouttes de nectar. Le nom ancien de la Couronne Impériale était Larmes de Marie. Son nom persan (gole achke) signifie la fleur qui pleure.

 

les liliacées

Dès 1573, en Occident, la sombre couleur de la fritillaire de Perse dite aussi parfois fritillaire du Liban, avait attiré l’attention des amateurs de jardins. Parmi la centaine d’espèces de fritillaires connues, elle est sans doute l’une des plus originales. Vraisemblablement originaire de Suse, en Perse, on la trouve de la Jordanie à l’Iran. Elle se plaît dans les rocailles sèches entre 500 et 1200 mètres d’altitude et ne dédaigne pas les bordures de chemins ou de champs. On en connaît des formes rares à fleurs verdâtres. Aujourd’hui, on cultive surtout l’Adiyaman, plus robuste et décorative.

les liliacées

 

Gloriosa – Redouté l’a peinte sous l’appellation de Methonica, mais nous la connaissons sous un nom beaucoup plus flamboyant : Gloriosa. Ces liliacées, originaires des zones tropicales africaines et asiatiques, seraient voisines des colchiques. Elles ont souvent des feuilles terminées par une partie effilée formant vrille, permettant aux tiges volubiles de trouver un support. Les diverses formes connues, à tépales plus ou moins crispés et aux couleurs variant de l’écarlate au jaune citron ou présentant des taches lie-de-vin.

 

les liliacées

Le tritome à longues grappes fut la première espèces cultivée en Europe. C’est le kniphofia de nos jardins, si caractéristique avec ses fleurs réunies en grappes denses au sommet de hampes sans feuilles. On en connaît environ 70 espèces et nombre d’entre elles, par hybridation et sélection, ont donné les multiples cultivars actuels. Originaires du sud de l’Afrique, ces végétaux que Redouté rapprochait des asphodèles sont classés dans les aloeaceae, groupe de liliales spéciales au Vieux Monde alors que les agaves, qui leur ressemblent beaucoup, sont uniquement américains.

les liliacées

 

Il existe près de sept cents espèces d’ail vivant dans l’hémisphère nord. Si nombre de ces espèces sont décoratives par leurs couleurs : rose, blanc pur, pourpre, jaune d’or ou leurs clochettes dressées ou penchées, la plupart sont connues et utilisées depuis des millénaires pour leurs qualités culinaires ou leurs vertus médicinales.

 

les liliacées

Le lis tigré dit aussi lis de Chine que l’on trouve en Amérique du Nord et en Asie orientale est l’une des cent espèces de liliums. Certaines de ces espèces ont une odeur très prononcée et sont utilisées en parfumerie. Raffinés dans leurs formes et leurs coloris, les liliums ont donné naissance à des milliers de cultivars.

 

les liliacées

05/12/2015

* CHRONO DIETETIQUE

CHRONO-DIETETIQUE : mettez votre assiette à l’heure !

Les deux éléments essentiels au bon fonctionnement de votre horloge interne sont l’alternance veille-sommeil et le rythme des repas. Voici quelques pistes pour apprendre à mieux respecter les besoins de votre corps sans malmener ces rythmes.

La chronobiologie est l’étude des rythmes biologiques du corps. Ils sont multiples et gouvernent toutes les grandes fonctions de l’organisme. Fréquence cardiaque, tension artérielle, appétit, éveil, sommeil, cycle féminin ; vous possédez une multitude de petites horloges internes calées sur des rythmes différents, qu’ils soient journaliers, hebdomadaires, mensuels ou même saisonniers.

Les rythmes biologiques les plus visibles sont les rythmes circadiens. Votre horloge interne tourne sur environ 24 heures. Pour rester à l’heure, elle se base sur des « donneurs de temps » comme les alternances activité/repos et lumière/obscurité. Mais elle est aussi biologiquement programmée dans vos gênes. Il y a donc équilibre lorsque votre horloge biologique interne est en harmonie avec l’environnement (l’heure inscrite sur votre montre). Mais cet équilibre peut être rompu et désynchronisé. C’est le cas lorsque vous devez travailler de nuit ou lorsque vous subissez un décalage horaire de plus de 5 heures. Cette désynchronisation entraîne des troubles allant de la fatigue à un appétit altéré en passant par une baisse de la concentration et des performances. Diarrhée et constipation seraient la conséquence du dérèglement de l’horloge qui gouverne les intestins et la flore intestinale. D’où l’intérêt de respectez vos rythmes naturels aussi à table !

 

chrono diététique

Le déjeuner est essentiel

Sinon, bonjour les coups de pompe et les hypoglycémies ! Ce premier repas de la journée doit être complet : laitage, tranche de pain complet, fine couche de beurre, un peu de miel ou de confiture et des protéines animales (jambon, aile de poulet, œuf). Ajoutez-y un fruit et ce sera parfait.

 

chrono diététique

Dînez à la bonne heure

Idéalement à 13h00 en hiver et à 14h00 l’été. Soupez au moins une heure et demie avant l’heure du coucher. La composition de ce dernier repas avant la nuit doit être complémentaire à celle du dîner ; en un peu plus léger mais pas trop ; durant la nuit aussi, le cerveau a besoin d’énergie pour assimiler les apprentissages de la journée. Pour lui fournir du carburant constant, il faut consommer des sucres lents au repas du soir.

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Ne sautez pas de repas

Un jour de jeûne de temps en temps ne pose pas de problème si l’on boit suffisamment. Mais s’il se renouvelle, il perturbe le rythme biologique et notamment le sommeil. Vous voulez mincir ? N’éliminez pas les protéines animales, mangez beaucoup de fruits et de légumes, un peu moins de féculents, des produits laitiers (fromages blancs, yaourt, lait demi-écrémé), un peu de pain à chaque repas, pas de sucre, des fruits de mer et du poisson plusieurs fois par semaine, du jambon cuit blanc et du blanc de poulet ou une grillade. Ne fractionnez pas trop : trois repas et un goûter sont largement suffisants. Il a été démontré que diviser la ration quotidienne en six repas n’économise que seize calories.

 

chrono diététique

Arrêtez de grignoter

L’alternance de la faim et de la satiété ne se manifeste plus jamais et vous risquez alors de manger bien plus que nécessaire et prendre du poids. Manger un en-cas riche en protéines, glucides ou graisses sans réelle sensation de faim ne coupe pas l’appétit, mais retarde juste l’heure du souper sans diminuer la quantité de calories. Manger un snack augmenterait de 15 % la ration calorique quotidienne.

 

Mangez lentement

Le cerveau a besoin de temps (au moins 15 minutes) pour assimiler les informations sur la prise alimentaire. Résultat, si vous galopez, vous mangerez environ 30 % en plus que si vous prenez le temps de déguster. Au cours d’un repas, ceux qui mâchent quinze fois en reposant leurs couverts entre deux bouchées consomment 35 % de calories en moins que les pressés. Sachez enfin que l’horaire influence la façon dont vous assimilez un même repas ; manger 2000 calories dans la matinée entraîne une légère diminution de la masse grasse et du poids, absorber le même repas en fin d’après-midi et en soirée les fait légèrement augmenter. Une piste de plus en plus étudiée en chrono-diététique.

 

chrono diététique