10/01/2016

* DE L'AMBRE A LA LUMIERE

« L’or du Nord » pour les Grecs et les Romains, fit l’objet d’un véritable commerce entre les rives de la mer Baltique et le reste de l’Europe dès l’Antiquité.

de l'ambre à la lumière

Appelé « or de la mer » ou « larmes des dieux », l’ambre est un curieux matériau. Cette matière se forme à la suite de la coulée d’une grande quantité de résine liquide sous une couche de limon ou de sable qui la retient et la protège pendant une très longue période de temps. Elle peut se brûler, se charger d’électricité statique et garder pendant des millions d’années les éléments inclus lors de son processus de fossilisation.

Les anciens lui attribuaient des vertus magiques et la considéraient comme un cadeau royal. Les tombes des souverains d’Egypte, de Syrie ou de Grèce contenaient de nombreux objets précieux travaillés à partir de cette résine fossilisée.

de l'ambre à la lumière

Mais d’où provient-elle ?

Des recherches récentes révèlent l’empreinte chimique de l’ambre et précisent son origine : la mer Baltique. Une route de l’ambre devait donc relier les deux extrémités du monde connu à cette époque : les bords riants du Nil et les rives tempétueuses du Nord. De récentes fouilles semblent confirmer qu’elle traversait, entre autres, la Bavière, plus précisément Bernstorf où des archéologues ont mis au jour un sceau fait en ambre de la Baltique et en or des mines d’Egypte. Il représente d’ailleurs un visage gravé qui pourrait être la réplique du fameux masque d’or d’Agamemnon retrouvé à Mycènes (Grèce). Cette « pierre », si appréciée en de nombreuses parties du globe, a été, depuis la protohistoire, l’objet d’un commerce intense et fut transportée sur de longues distances. « Les gisements d’ambre européen les plus importants et les plus significatifs pour le commerce de ces temps reculés se trouvaient avant tout sur la Baltique et, dans une moindre mesure, en mer du Nord. De là, une branche occidentale de l’ancienne route de l’ambre conduisait jusqu’au célèbre port grec de Massalia (Marseille »).

 

Une exploitation intensive

Passant à travers les régions de l’Elbe inférieur et du Bas-Rhin, puis remontant ce fleuve, passant par les portes de la Bourgogne ou longeant l’Aar et le lac de Genève, la route de l’ambre rejoignait le Rhône pour redescendre celui-ci vers le sud de la France. Une autre route importante, à l’Est, conduisait des côtes de la Baltique, suivant la Vistule et traversant la région de Kiev en direction du Sud-Est, jusqu’à la mer Noire. Cette route orientale de cette résine fossile si précieuse trouvait là une jonction avec les anciennes liaisons interurbaines du Proche-Orient en direction de l’Asie centrale, de l’Extrême-Orient et de l’Inde.

Il n’est donc pas étonnant que l’ambre se retrouve dans presque toutes les parties du vieux monde à côté des nombreuses marchandises transportées sur de longues distances comme l’étain de Grande-Bretagne, l’argent d’Espagne, l’encens d’Arabie du Sud, l’ivoire d’Afrique, les fourrures de Sibérie, la soie de Chine.

De nos jours, son exploitation reste toujours intensive et importante dans la Baltique, sur les rives du territoire russe de Kaliningrad. Aujourd’hui, l’ambre est utilisé principalement dans l’industrie du bijou de grande série, mais aussi pour la fabrication d’isolateurs. Mais il reste qu’on trouve encore partout dans le monde des amoureux de la tendre et belle « pierre du soleil » aux tons mats ou brillants.

 

de l'ambre à la lumière

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