27/02/2016

* LES SERRES DE LAEKEN

Royaume de couleurs et de senteurs. Camélias, orangers, azalées, fuchsias, palmiers centenaires, fougères géantes. C’est une flore diversifiée qui accueille les amateurs de botanique et d’architecture dans le cadre majestueux des serres de Laeken.

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Conçue par l’architecte Alphonse Balat à la demande du roi Léopold II, la majorité du complexe de fer et de verre a été construite de 1874 à 1894. Une grande prouesse technique pour l’époque …

Chaque printemps, les serres de Laeken ouvrent leurs portes au public durant quelques semaines et attirent environ 100.000 visiteurs.

On y pénètre par l’orangerie où certains orangers ont plus de trois cents ans !

Le roi bâtisseur appréciait aussi particulièrement les camélias. Cette collection très importante compte 114 espèces différentes ; elle est l’une des plus anciennes au monde.

 

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Des galeries de géraniums

L’itinéraire vous emmène de serre en serre, en passant par les chatoyantes galeries de géraniums au toit formé par des fuchsias. Dans le jardin d’hiver, levez le regard vers les têtes des palmiers centenaires qui tutoient une impressionnante coupole de verre.

Cette gigantesque serre a été construite en premier, lorsque Léopold II a entrepris d’embellir le parc de Laeken. Elle est notamment utilisée pour les réceptions royales. Depuis la serre des azalées et un chemin du parc, vous pouvez jeter un œil sur l’atelier de sculpture de la reine Elisabeth.

 

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Une véritable entreprise

Quinze jardiniers et un chef de service s’attèlent à entretenir ce jardin d’hiver qui s’étend sur 1,5 hectare pour 2,5 hectares de surface vitrée. Et ils doivent composer avec les aléas de la météo. Les azalées sont les variétés les plus précoces de ces plantes qui profitent d’un automne clément.

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Combien faut-il de mazout pour chauffer cette impressionnante cité de verre ?

Environ 402.000 litres pour une saison. C’est la Donation royale qui finance ce coût. Quant à l’arrosage, l’eau est pompée dans l’étang du domaine.

 

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06/02/2016

* JOYEUX HORTENSIAS

Ils égayent nos jardins de leurs belles couleurs allant du rose au bleu en passant par le blanc. Culture et entretien faciles, longue floraison, les hortensias ont tout pour plaire.

Ah, qu’ils sont jolis les hortensias ! Ils ponctuent nos jardins de boules de couleurs et leurs fleurs coupées font de tout aussi jolis bouquets. Encore faut-il savoir comment les planter et les entretenir.

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Ces dignes représentants de la famille des hydrangeas, dont les macrophylla, plus connus sous le nom d’hortensias, se plantent généralement en automne, mais ils sont commercialisés toute l’année dans les jardineries. Ils résistent bien à une plantation décalée, mais pas aux fortes chaleurs et au manque d’eau. Evitez donc de les replanter en plein été ! Ils aiment les terres riches en humus, composées idéalement de 1/3 de terre de jardin et de 2/3 de terre de bruyère. Entre soleil et mi-ombre, ils s’épanouiront parfaitement, à condition de respecter une distance de 80 cm à 1 m entre chaque pied afin qu’ils puissent prendre de l’ampleur. Veillez à les arroser souvent ou mieux, de les pailler pour maintenir l’humidité au sol. Plutôt gourmands, ils apprécieront de la poudre d’os et un peu de corne broyée au printemps. Un engrais spécial pour hortensias contribuera à la bonne floraison de la plante.

 

Taille minimaliste

La particularité de l’hortensia est que ses fleurs poussent sur les bois de l’année précédente. Donc, si vous coupez tout, vous risquez de ne voir aucune fleur apparaître l’année suivante. Contentez-vous à la fin de l’hiver, d’enlever les boules de fleurs fanées. Attendez la reprise et observez les tiges qui fond des bourgeons. Taillez juste l’extrémité de la branche, 2 cm au-dessus du premier bourgeon que vous rencontrez. Retirez les bois morts, qui sont inutiles et qui risquent de priver de lumière le centre de la plante.

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Avec les hortensias, mieux vaut y aller en douceur, voire ne pas les tailler du tout ; la floraison sera tout aussi abondante, les fleurs seront justes plus petites. Petite précision : toutes les variétés d’hydrangeas ne se taillent pas de la même façon, renseignez-vous auprès de votre pépiniériste.

 

Bleu je veux !

La couleur des fleurs dépend de l’acidité du sol ; plus il est acide, plus elle sera bleue.

Le sulfate d’aluminium en solution liquide (vendu dans le commerce) leur donnera également une teinte bleue. Vous pouvez aussi mélanger de l’ardoise pillée à la terre. Sachez aussi que l’utilisation d’engrais renforce la teinte bleue. Si vous constatez au fil des ans, une décoloration des feuilles, apportez-leur du fer et du magnésium pour compenser une eau trop calcaire, responsable de cette décoloration.

 

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En pot

Les hortensias se plaisent aussi en pot. Il leur faut toutefois suffisamment d’espace (Æ 40 cm), de la terre de bruyère, de l’engrais, un emplacement à mi-ombre et un arrosage régulier tout l’été. Vous pourrez sans problème les repiquer par la suite dans votre jardin.

 

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10/01/2016

* DE L'AMBRE A LA LUMIERE

« L’or du Nord » pour les Grecs et les Romains, fit l’objet d’un véritable commerce entre les rives de la mer Baltique et le reste de l’Europe dès l’Antiquité.

de l'ambre à la lumière

Appelé « or de la mer » ou « larmes des dieux », l’ambre est un curieux matériau. Cette matière se forme à la suite de la coulée d’une grande quantité de résine liquide sous une couche de limon ou de sable qui la retient et la protège pendant une très longue période de temps. Elle peut se brûler, se charger d’électricité statique et garder pendant des millions d’années les éléments inclus lors de son processus de fossilisation.

Les anciens lui attribuaient des vertus magiques et la considéraient comme un cadeau royal. Les tombes des souverains d’Egypte, de Syrie ou de Grèce contenaient de nombreux objets précieux travaillés à partir de cette résine fossilisée.

de l'ambre à la lumière

Mais d’où provient-elle ?

Des recherches récentes révèlent l’empreinte chimique de l’ambre et précisent son origine : la mer Baltique. Une route de l’ambre devait donc relier les deux extrémités du monde connu à cette époque : les bords riants du Nil et les rives tempétueuses du Nord. De récentes fouilles semblent confirmer qu’elle traversait, entre autres, la Bavière, plus précisément Bernstorf où des archéologues ont mis au jour un sceau fait en ambre de la Baltique et en or des mines d’Egypte. Il représente d’ailleurs un visage gravé qui pourrait être la réplique du fameux masque d’or d’Agamemnon retrouvé à Mycènes (Grèce). Cette « pierre », si appréciée en de nombreuses parties du globe, a été, depuis la protohistoire, l’objet d’un commerce intense et fut transportée sur de longues distances. « Les gisements d’ambre européen les plus importants et les plus significatifs pour le commerce de ces temps reculés se trouvaient avant tout sur la Baltique et, dans une moindre mesure, en mer du Nord. De là, une branche occidentale de l’ancienne route de l’ambre conduisait jusqu’au célèbre port grec de Massalia (Marseille »).

 

Une exploitation intensive

Passant à travers les régions de l’Elbe inférieur et du Bas-Rhin, puis remontant ce fleuve, passant par les portes de la Bourgogne ou longeant l’Aar et le lac de Genève, la route de l’ambre rejoignait le Rhône pour redescendre celui-ci vers le sud de la France. Une autre route importante, à l’Est, conduisait des côtes de la Baltique, suivant la Vistule et traversant la région de Kiev en direction du Sud-Est, jusqu’à la mer Noire. Cette route orientale de cette résine fossile si précieuse trouvait là une jonction avec les anciennes liaisons interurbaines du Proche-Orient en direction de l’Asie centrale, de l’Extrême-Orient et de l’Inde.

Il n’est donc pas étonnant que l’ambre se retrouve dans presque toutes les parties du vieux monde à côté des nombreuses marchandises transportées sur de longues distances comme l’étain de Grande-Bretagne, l’argent d’Espagne, l’encens d’Arabie du Sud, l’ivoire d’Afrique, les fourrures de Sibérie, la soie de Chine.

De nos jours, son exploitation reste toujours intensive et importante dans la Baltique, sur les rives du territoire russe de Kaliningrad. Aujourd’hui, l’ambre est utilisé principalement dans l’industrie du bijou de grande série, mais aussi pour la fabrication d’isolateurs. Mais il reste qu’on trouve encore partout dans le monde des amoureux de la tendre et belle « pierre du soleil » aux tons mats ou brillants.

 

de l'ambre à la lumière

13/12/2015

* LES LILIACEES

 

Botanistes et acheteurs d’art se disputent ces fleurs

On les appelle liliacées. Peintes il y a plus de cent cinquante ans par Pierre Joseph Redouté, elles passionnent encore aujourd’hui acheteurs d’art et botanistes. Pour les premiers, elles sont des chefs-d’œuvre, pour les seconds une référence scientifique.

les liliacées

 

La Couronne Impériale originaire d’une vaste zone qui va de l’Anatolie aux confins occidentaux de l’Himalaya, était, dès 1570, la reine des jardins en Europe.

Toute l’élégance de la Couronne Impériale est dans la houppe de feuilles qui en surmonte l’inflorescence. Au XVIIe siècle, cette fleur faisait l’objet de compétitions acharnées entre collectionneurs, tous cherchant à multiplier le nombre des fleurs ou celui des étages de clochettes. Chacun des six tépales porte, à sa base, une petite tache. Il s’agit de nectaires sécrétant des gouttes de nectar. Le nom ancien de la Couronne Impériale était Larmes de Marie. Son nom persan (gole achke) signifie la fleur qui pleure.

 

les liliacées

Dès 1573, en Occident, la sombre couleur de la fritillaire de Perse dite aussi parfois fritillaire du Liban, avait attiré l’attention des amateurs de jardins. Parmi la centaine d’espèces de fritillaires connues, elle est sans doute l’une des plus originales. Vraisemblablement originaire de Suse, en Perse, on la trouve de la Jordanie à l’Iran. Elle se plaît dans les rocailles sèches entre 500 et 1200 mètres d’altitude et ne dédaigne pas les bordures de chemins ou de champs. On en connaît des formes rares à fleurs verdâtres. Aujourd’hui, on cultive surtout l’Adiyaman, plus robuste et décorative.

les liliacées

 

Gloriosa – Redouté l’a peinte sous l’appellation de Methonica, mais nous la connaissons sous un nom beaucoup plus flamboyant : Gloriosa. Ces liliacées, originaires des zones tropicales africaines et asiatiques, seraient voisines des colchiques. Elles ont souvent des feuilles terminées par une partie effilée formant vrille, permettant aux tiges volubiles de trouver un support. Les diverses formes connues, à tépales plus ou moins crispés et aux couleurs variant de l’écarlate au jaune citron ou présentant des taches lie-de-vin.

 

les liliacées

Le tritome à longues grappes fut la première espèces cultivée en Europe. C’est le kniphofia de nos jardins, si caractéristique avec ses fleurs réunies en grappes denses au sommet de hampes sans feuilles. On en connaît environ 70 espèces et nombre d’entre elles, par hybridation et sélection, ont donné les multiples cultivars actuels. Originaires du sud de l’Afrique, ces végétaux que Redouté rapprochait des asphodèles sont classés dans les aloeaceae, groupe de liliales spéciales au Vieux Monde alors que les agaves, qui leur ressemblent beaucoup, sont uniquement américains.

les liliacées

 

Il existe près de sept cents espèces d’ail vivant dans l’hémisphère nord. Si nombre de ces espèces sont décoratives par leurs couleurs : rose, blanc pur, pourpre, jaune d’or ou leurs clochettes dressées ou penchées, la plupart sont connues et utilisées depuis des millénaires pour leurs qualités culinaires ou leurs vertus médicinales.

 

les liliacées

Le lis tigré dit aussi lis de Chine que l’on trouve en Amérique du Nord et en Asie orientale est l’une des cent espèces de liliums. Certaines de ces espèces ont une odeur très prononcée et sont utilisées en parfumerie. Raffinés dans leurs formes et leurs coloris, les liliums ont donné naissance à des milliers de cultivars.

 

les liliacées

28/11/2015

* ROUGES PIVOINES

Elles sont magnifiques et pourtant, elles sont encore victimes de leur réputation : une floraison éphémère.

Les pivoines fleurissent entre dix et quinze jours ; c’est court en effet, mais elles rejouent leur scène durant des dizaines d’années. Elles battent même des records de longévité, ce qui compense largement ! A bien les observer, vous remarquerez aussi que toutes les variétés ne fleurissent pas en même temps ; entre les arbustives toujours plus précoces et les herbacées plus tardives, vous aurez ainsi l’impression d’une floraison alternée et d’un joyeux déballage de couleurs. Car elles ne se déclinent pas seulement en rouge ou en rose, mais aussi en blanc, en jaune, quand elles ne mélangent pas plusieurs tons sur la même fleur. Elles peuvent être simples, semi-doubles, doubles et répandre un parfum délicat.

rouges pivoines

 

Plantation

Les sujets vendus à racines nues sont à planter entre octobre et début mars, mais ceux en pots peuvent l’être jusque fin mai. Après, les conditions climatiques ne sont plus favorables à leur enracinement, mieux vaut reporter à l’automne. Replantez-les dans un bon mélange de terreau, de terre de jardin et d’engrais complet biologique et arrosez.

Par la suite, leur seule exigence sera l’espace ; les fleurs sont parfois si lourdes qu’elles ont tendance à tomber. Il faut donc prévoir un emplacement suffisamment grand pour planter des tuteurs. Rien ne vous empêche de les accompagner d’autres vivaces ou d’annuelles, pourvu qu’elles ne soient pas trop envahissantes, car les pivoines ont besoin d’air et de lumière.

 

rouges pivoines

Soins

Faites preuve de patience ; les pivoines sont réputées pour leur lenteur au démarrage. Il n’est pas rare de ne voir aucune fleur durant les deux premières années de leur plantation, en fonction de l’importance du plant que vous aurez acheté. Si celui-ci ne comprend qu’une racine avec une seule vraie tige, rien de plus normal. Par contre, passé un délai de trois ans, il faut s’en inquiéter. Si au bout de quelques années, votre plante dépérit, aussi. Pas assez de soleil ? D’espace ? Plantée trop profondément ? Une terre trop lourde ou vraiment trop pauvre ? La pivoine n’est pas gourmande en matière organique, mais un apport annuel (à l’automne ou à la fin de l’hiver) d’un compost bien mûr lui sera profitable. Les pivoines n’aiment pas être transplantées, mais si vraiment cette solution s’impose, faites-le toujours le plus tard possible dans l’année ; divisez la souche et replantez l’un des éclats les plus robustes en ayant bien préparé le sol.

rouges pivoines